yani houri. né en 2008 (17ans). vit à Argenteuil,
crée entre Argenteuil et Paris
franco-algérien d'origine kabyle, je proviens d'une famille d'artistes (musiciens, peintres,
sculpteurs, tatouage...) du village de Lemsella en Algérie. bien qu'il ne fasse pas partie intégrante de mon
éducation, je baigne dans un milieu traversé par l'art depuis jeune. je commence à créer de la musique
sur ordinateur à 12 ans tout en apprenant des langages de programmation (python, html,
css). ma pratique est aujourd'hui pluridisciplinaire, aux frontières de l'installation, du cinéma
et de la musique expérimentale, et de la sculpture.
pour moi, l'essence des choses, quelles qu'elles soient, se crée par les rapports qu'il
existe entre elles. inspiré par robert bresson, je crois que créer est donc une action
fondamentale de relation, de réunion, de nouage, qui s'incarne dans ma pratique par la reprise, le
sampling, l'utilisation d'objets trouvés ou le recours constant à la référence.
ce qui ressort cependant de ces rapports établis est une profonde incomplétude, un
sentiment de discontinuité : pour moi, le travail d'art ne constitue pas un tout. il est une fin,
certes, mais de lui même ressort cette impossibilité du tout, cette discontinuité bataillienne, et
en cela il se relie à l'Homme : se crée alors entre lui et l'oeuvre un rapport sensible, intime,
érotique, tous deux réunis par leur discontinuité insatiable. ma pratique est donc caractérisée
par ce lien sensible avec l'art, qui passe par l'évocation du corps, des entrailles, du "sale",
de l'érotique voire du pornographique.
cette pauvreté povériste s'incarne dans mon travail en rappelant au mystère, au rêve, au cryptique,
au mystique et donc au spirituel, au transcendant, en faisant écho par exemple à des religions monothéistes,
extra-occidentales, ou à des sectes et/ou des pseudosciences. ce trouble, cette opacité donne ainsi
lieu à une équivocité, un polysémisme presque rimbaldien : ma pratique n'est pas figée, car elle a
conscience de son néant ; jamais aboutie, elle est en métamorphose constante, indivisible en états distincts.
l'autre s'inscrit dans la pièce autant que la pièce s'inscrit en l'autre.
je considère également le langage comme un outil défaillant, lacunaire. influencé par la philosophie
de Bergson, je crois qu'il exclut l'individualité propre, les nuances de notre expérience intérieure.
le recours aux langues étrangères et aux néologismes est donc une option pour moi pour traduire,
transposer une émotion, essayer de la saisir. ou alors, je tords, dissèque, reconsidère des notions,
telles que le "propre" et le "sale", plus précisément "ce qui nous est propre" et "ce qui nous est sale",
par analogie avec le processus de digestion par exemple.
la musique possède une importance capitale dans ma vie par la place qu'elle occupe (et qu'elle a occupé)
et par la sensibilité que j'ai pour elle. au sein de mes réalisations, elle ne constitue pas un simple
accompagnement : elle nourrit et se nourrit par coexistence avec des images, des sensations, des concepts...
trop délaissée à mon sens en comparaison avec les autres arts, je lui trouve un aspect eschatologique, que j'explore
à travers l'ambient, le noise, ou la synthétisation modulaire.
enfin, la question de l'environnement et de l'habitat est l'un des objets principaux de mes dernières
recherches. l'environnement suggère l'ordre, le kosmos, la continuité, la formation d'un tout
dans un espace fini : quelle est la place de la chose au sein de lui? un enracinement est-il possible?
ma série Plunderphonics regroupe ainsi, dans chacune de ses itérations, des objets arrachés
à un environnement donné, donnant à voir leur discontinuité : elle ne crée pas une forme, mais un amas
hétérogène, un fatras non miscible.
mon travail a pu être montré dans l'édition Doctrina evolutionnis réalisée en collaboration avec le centre
d'art contemporain d'Ivry-sur-Seine - le CRÉDAC (2025)
des stages à La Muse en Circuit, Centre National de Création Musicale ou au Musée d'art Moderne de Paris
m'ont permis d'ouvrir ma pratique artistique au contact de professionnels de différents domaines, tels
que des ingénieurs du son, une troupe de théâtre expérimental ou encore des commissaires
d'exposition et des conservateurs.
« créer n'est pas déformer ou inventer des personnes ou des
choses. c'est nouer entre des personnes et des
choses qui existent et telles qu'elles existent, des rapports
nouveaux. »
l'affection est donc ce que nous mêlons
de l'intérieur de notre corps
à l'image des corps extérieurs
mais il ne suffit pas de tailler,
il faut coudre
: ils veulent trouver la solution
là où tout n'est qu'éngime (Pascal)
l'esprit s'éveillant à la vie intérieure est pourtant en quête d'un
objet. il renonce à l'objet que l'action propose pour un objet de nature différente, mais
ne peut se passer d'objet.
son existence ne peut se fermer sur elle-même.
les mouvements intérieurs ne sont nullement objet. Ils ne sont pas
sujet non plus en ce qu'ils sont le sujet qui se perd, mais le sujet peut
à la fin les ramener à lui-même et comme tels ils sont équivoques. à la fin, la
nécessité d'un objet, de sortir de soi, se fait impérieuse.
: ils veulent trouver la solution
là où tout n'est qu'éngime (Pascal)
: . .
voici tout le fatras... la bouillie de balises... le dégueulé, tout phosphore dégouline...
rien ne le détermine, ni vous d'ailleurs...
ordre? quel ordre? y'a autant de chemins que d'Hommes... surtout dans le noir comme ça...
mais si on veut trouver le mien d'un coup...:
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